Į conservent
la gaiet et lÕesprit franais chez le peuple : les contes et les chansons
populaires. CÕest la littrature
du cĪur. Dans les veilles de famille,
on coute les vieux rcits dans lesquels jouent un grand rle la sorcellerie et
les enchantements. La crdulit
populaire sÕmeut en coutant des histoires de loups-garous (tre humains
changs en btes sous lÕinfluence dÕun malfice), de feux follets (mes envoyes
par Dieu sur terre pour y faire pnitence), de chasse-galerie (canots voyageant
dans les airs conduits par des diables), etcÉ
Entre deux
danses excutes au son entranant du violon, les habitants reprennent avec
entrain les chansons rpondre
dont plusieurs viennent de France Ë Saint-Malo, beau port de
mer, CÕest la belle
Franoise, Ë la claire fontaine. DÕautres sont composes au pays,
parfois par des potes illettrs.
Ë la suite des guerres de 1775 et de 1812, il y a toute une floraison de
chansons militaires, souvent plus remarquables par leur malice gauloise que par
leur valeur potique. Les
complaintes sont aussi fort nombreuses, rappelant leur faon quelque grand
malheur. Č
-Marguerite et Raoul dÕHarcourt, Chansons folkloriques franaises au Canada (1956)